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Alain GUIRADO ou Les passagers du présent |
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Un Toulon précis
Les toulonnais reconnaîtront facilement leurs édifices et leurs rues. Pourtant ce que Guirado nous donne à penser à partir de ces vues particulières est une ville qui contient toutes les autres villes, une allégorie de la maîtrise de l'homme sur la nature. Dans la ville de Guirado les fonctions sont absentes. L'espace urbain s'impose comme un décors familier dans lequel on passe,on se déplace, on vit. Ce n'est pas une ville idéale qui joue de ses lumières, de ses séductions. Ainsi on s'étonne, on s'émerveille aussi, après l'avoir vu à travers le regard du peintre, de penser mieux la connaître, mieux se connaître. |

Alain Guirado fait mentir Georges Perec quand il écrit "Rien ne nous frappe, nous
ne savons pas voir". Le peintre a levé la tête et promené un regard précis sur les façades de Toulon. Il a apprivoisé les immeubles, les a dessinés, les a peints. Il s'est fait l'exégète
d'un espace architecturé, restituant de courtes perspectives, suggérant des circulations, traçant des volumes, refusant les percées qui permettraient au regard de courir vers d'autres
horizons.
