Martine Ménard : "Des terres fines comme la flamme"
La terre comme le reflet d'une des vies multiples et successives de Martine Ménard : avant d'être céramiste, cette artiste a travaillé avec les plus grands couturiers, Givenchy, Balenciaga, Dior puis s'est forgé une solide expérience dans différents ateliers du globe, depuis le Mexique où elle a découvert cet amour de la terre, la transformant en objets de poésie, en pures légèretés. Elle travaille la faïence et le grès avec une recherche d'émaux suivant des recettes transmises. Elle modèle la matière en estompant, affinant la terre pendant de longues heures à la main, à la limite de la résistance, comme un tissu que l'on fait jouer pour en vérifier la lumière.
A ce jeu des équivoques où les simulacres de dématérialisation des matériaux sont rois, Martine Ménard se révèle une étonnante magicienne.
Envers, endroit, la nuance se conjugue.
Rouge à revers orangé, la couleur de ses corolles de lave nous fait perdre la tête, jouant les effets de vapeur saupoudrée, captent la lumière, avec une brillance extrême, presque lustrée.
Contraste des brillances et des matités que l'on touche avec les yeux et que l'on voit avec la main : Martine Ménard nous entraine vers une « séduction toujours plus impalpable, légère comme celle des textiles enchanteurs, empreinte de mille cadeaux glanés dans la nature. La terre comme un instant marqué d'émotions et de traces fugitives semblables aux mouvements des eaux. La terre où rien n'est figé, avec des brillances qui s'enfuient toujours. »
Martine Ménard a remporté les 1er prix depuis 2004 de « Tables de Fête » de Madame Figaro. Ses oeuvres ont été présentées entre autres au Centre culturel japonais Bertin Poiré à Paris, à la Galerie Oestraka , à la Galerie Anagama et à Matignon.

